Publié le 12 Février 2024

Pendant qu'on s'emmerdait devant la télé, ceux qui ont quelque chose entre les oreilles écoutaient Inter. Et c'était là un bel hommage complet.

Et on peut entendre Marie AUDIGIER parler de Jean-Louis Murat.

Et celle-ci dévoilait  à la fois un projet d'hommage à la Coopé fin mai (avec possiblement des artistes vues au cours de la soirée, mais rien n'est annoncé à ce jour officiellement) et aussi un livre de Franck Vergeade, rédacteur en chef des Inrocks. On ne trouve pas trace de ce livre sur le net pour l'instant. Franck n'avait il me semble jamais écrit de livre en solo pour l'instant. C'est son texte que l'on trouve sur le site officiel actuellement.  

 

Merci à Pascal pour le découpage:

Touchant de l'entendre parler du best of, des chansons écrites pour elle... Elle ne parle pas de "sentiment nouveau" dont j'ai lu récemment qu'elle s'adressait à elle.   Ça se termine par un joli montage d'interviews de Jean-Louis à France Inter.

                                                                               1992 Rocksound

                                    50 ans d'Inter, après qu'elle nous a présenté à M. D. Varrod (On était en décembre et l'autre olibrius était naturellement en tee-shirt).

 

Nous aurons donc a priori deux rendez-vous clermontois assez rapprochés (avec le week-end Murat 2024, près d'un tiers des places déjà réservé, merci!), et j'espère vous y retrouver (les deux fois). 

 

- Côté revue de presse (pour compléter celle de samedi): Sophie Delassein (pas une muratienne acharnée) dans l'obs se permet un osé (non?):   "Pour l'hommage à Jean-Louis Murat, Raphaël a chanté « Si je devais manquer de toi » à une heure très avancée et surchargée en huile de palme".   Les inrocks : "Au programme, une multitude aussi incalculable qu’incompréhensible de séquences-souvenirs. Dédiées aux disparu.e.s comme Tina Turner, Jean-Louis Murat ou Jane Birkin, on le comprend mais aux lauréat.e.s de l’édition précédente… pourquoi ?

 

2)  Retour du "marronnier" Dominique A :  Comme je vous le disais dans l'article précédent,  il a choisi d'écouter du Murat avec Vincent Josse: dans la Ballade (podcast).  Il cite le texte par coeur (qu'il a chanté) et convoque MODIANO (auquel il consacre son dernier disque) et PROUST en référence.  Après le morceau, fidèle à lui-même - tant il l'a déjà dit-, il explique en quoi cela l'a influencé pour la voix et la musique ("la suavité".... merci à lui de ne pas reciter Jean Sablon cette fois!)

 

3)  Un podcast d'une dizaine de minutes sur le COURS ORDINAIRE DES CHOSES. Musiculte

https://ouest-track.com/podcasts/musiculte-328/1

 

LE LIEN EN PLUS

Ca m'a donné envie de relire ce que je disais de ce disque quand le blog a démarré:

Ah, j'avais commis une chronique dont je ne me rappelais pas du tout:   http://www.surjeanlouismurat.com/article-ma-chronique-le-cours-ordinaire-des-choses-40527359.html

Par contre, curieuse idée, j'avais voulu comparer à "la Superbe" que finalement, j'aurais peut-être plus écouté:    http://www.surjeanlouismurat.com/article-soyons-fou-ecoutons-le-biolay-et-le-murat-d-affilee-42666457.html

Encore plus curieuse idée, faire une somme sur le single "le cow boy à l'âme fresh", la chanson gag comme il y a sur certains albums (Suite aux Victoires, preuve supplémentaire  que Jean-Louis a quand même cherché  à avoir un succès populaire) : http://www.surjeanlouismurat.com/article-the-single-cow-boy-40765284.html

 

LE LIEN EN PLUS PARCE QU'AIMONS LES ARTISTES VIVANT

J'étais jeudi au SONIC à Lyon, petite péniche dédié au rock pour le premier concert du retour d'ALINE (et ont enchaîné tout aussi sold out Paris et Marseille).

Et que ça m'a fait du bien! On s'est ambiancé grave (notamment pour moi sur "promis juré craché" (ci-dessous) !  Les Ex-Young Michelin, un temps rattaché à Clermont-Ferrand, le meilleur groupe de Brit pop français sort un nouveau disque à partir d'inédits que les inrocks  qualifient de "miraculeux"  ("une majorité de mélodies et de refrains irrésistibles à la hauteur de la légende du groupe"), et on espère qu'ils reprendront le chemin des studios. Les vidéos des concerts de Paris et Marseille  sont impressionnantes et montrent bien cette vie électrique qu'ils nous ont invité à partager pendant un instant (avec l'assistance invitée à danser sur scène).  https://www.facebook.com/alinefrenchband/

En plus de concerts, ils ont joué souvent "tout est dit" :  purefm, figaro...  on avait parlé de cette reprise avec eux.  (ah tiens, vu qu'on parlait de Dominique plus haut: Art de la reprise,  on les retrouvait avec lui sur la réédition du disque de Barbara Carlotti "le vent...", Oui,  ils sont dans la "bonne famille", la preuve ; les collaborations du chanteur Donald Pierre- Romain Guerret avec Nicolas Comment sur son dernier disque, Pauline Croze... )

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après

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Publié le 10 Février 2024

bonjour,

Grosse affluence sur le blog hier, on voit l'impact des médias de masse, comme j'avais pu le constater rien qu'en passant sur la libre antenne d'Europe 1 dans la nuit.

Il a fallu attendre un petit peu, et s'ennuyer beaucoup... mais 23h14,  après une petite introduction sans intérêt des présentateurs du soir (pourquoi la musique n'a pas droit à l'humour des Césars ou des Molière?).... Voilà Raphaël  sur une mer de fumée, et les yeux de Murat projetés derrière.

REPLAY de la séquence  sur France télévisions qui était disponible dès la diffusion.

 

C'est vraiment assez fidèle à Jean-Louis Murat, laid back comme il pouvait jouer les titres en solo (les premières notes, en fermant les yeux... on pourrait s'imaginer...), et on retrouve sur une 2e guitare dans l'orchestre me semble-t-il, un peu de blues. Certains font référence à JJ CALE notamment Soleil Brun.  Et arrive ce qui arrive avec les compositions de Jean-Louis Murat, on se laisse embarquer par le tempo et le groove... Quand les cordes arrivent, c'est très réussi. Ca n’emmène pas le morceau vers le rock et une envolée, mais Jean-Louis était aussi un chanteur de charme, un crooner. Le visage entier de Jean-Louis arrive en fin de morceau sur le fond de la scène. 

Alors évidemment, certains râlent sur la voix et patati et patata... mais c'était important. Alors bien sûr, oui, pas de medley pour découvrir les différents aspects de l'oeuvre, et qu'un seul artiste, le choix de la chanson du "début" fut-elle si symbolique, pas d'extraits avec JL Murat lui-même... mais non, moi, je ne veux pas râler... Quand on voit que François Hadji-Lazaro  a juste droit à sa photo et qu'on aura le droit à de longues séquences d'une chanson "Azoulay compagnie" ("premier baiser")... dans une cérémonie où le rock aura été le grand absent.

On aura noté que finalement, en raison de l'actualité Doillon semble-t-il, Jane Birkin n'aura eu droit qu'à un magnéto et des applaudissements.

Petite revue de presse du matin: rien de phénoménal

Retour sur la soirée dans Paris-Match (en photo)

Sur le monde.fr,  "Hommage à Jean-Louis Murat. Le chanteur Raphaël rend hommage à Jean-Louis Murat, mort le 25 mai 2023, en reprenant l’une de ses chansons emblématiques, Si je devais manquer de toi.Auteur prolifique et provocateur impénitent, le musicien s’est éteint d  ans ce Puy-de-Dôme qu’il n’avait jamais quitté à l’âge de 71 ans."

Ouest France plus laconique :  23h14  Raphaël reprend Jean-Louis Murat. Rare sur scène, le chanteur Raphaël est venu interpréter Si je devais manquer de toi  de Jean-Louis Murat, disparu en mai dernier.

Sud OuestLa mémoire des disparus des 12 derniers mois a été célébrée de façon disparate : une brève archive pour Tina Turner, un montage vidéo pour Jane Birkin, et une belle reprise de Jean-Louis Murat par Raphaël, rare sur le petit écran.

RFIC’est en chanson que la cérémonie des Victoires de la musique salue la mémoire de Jean-Louis Murat, décédé en mai 2023. Le chanteur Raphaël a repris dans un style aux teintes de blues accompagnés de violons Si je devais manquer de toi, tube sorti en 1987.

Le figaro : Hommage à Jean-Louis Murat. Le chanteur Raphaël rend hommage à Jean-Louis Murat, mort le 25 mai 2023, en reprenant l'une de ses chansons emblématiques, Si je devais manquer de toi.

Le Parisien parle d'hommage élégant.

Un billet d'humeur signé du dolo belge Charles est à lire pour les abonnés (Si quelqu'un peut me le faire passer) sur DHça débute ainsi  Les Victoires de la musique et Jean-Louis Murat: le bal des hypocrites. Comme chaque année, la cérémonie a rendu hommage aux artistes disparus ces 12 derniers mois. Parmi ceuxci figure le chanteur auvergnat. Pourtant, entre les Victoires et lui, c’était tout sauf le grand amour…  [Edit: on y retrouve les infos données dans mon article sur la relation avec Murat et les Victoires, mais pour moi, pas d'hypocrisie, les multiples nominations montrent que le Paysage Musical français ne demandaient qu'à aimer JL... et Daho n'a pas obtenu des victoires à la pelle non plus...). 

 

Comme je l'ai écrit dans l'article qui revient sur la relation entre Murat et Les Victoires,  tout n'est pas à mettre sur le dos du show-biz, c'est Jean-Louis qui ne voulait pas se laisser aimer...  Tiens, d'ailleurs, un amoureux éconduit parlera encore de lui aujourd'hui : Dominique A sur Inter... avec Vincent Josse (autre camarade qui a parfois fui).

A noter : a été cité dans les disparus Marc Glomeau (Muddy Gurdy), musicien (batteur) originaire du Puy-de-dome.

 

 

 

L'archive en plus

Raphaël et Jean-Louis Murat s'étaient rencontrés en 2006 via Armanet du Nouvel-OBS.  Ce n'était pas passionnant (mais aussi très court), l'urbain et le montagnard répondant un peu l'un après l'autre sans échange.     Un peu plus tard, Raphaël avait aussi interprété le titre écrit par JL Murat pour Indochine "un singe en hiver").

 

Jeudi 24 août 2006

 

Une rencontre inédite
Murat et Raphaël face à face

Alors qu'il sort « Taormina », un nouvel album enchanteur, le mousquetaire auvergnat croise le fer avec son cadet Raphaël, hussard du rock français, dont l'album « Caravane » bat tous les records de vente. Au menu : Dieu, les femmes et la langue française

L'un est né dans un village d'Auvergne, à La Bourboule. L'autre à Boulogne-Billancourt, d'un père mi-juif marocain mi-russe d'Odessa et d'une mère argentine. Le second est né quand le premier montait sur scène. Murat, comme Bashung, Christophe, Cabrel et Manset, est l'un des mousquetaires du rock français. Raphaël, trois victoires de la musique (et son album « Caravane » vendu à 1,25 million d'exemplaires) en bandoulière, est le hussard de la génération montante. Son visage d'ange androgyne tourne la tête des jeunes filles, quand son aîné traîne une réputation d'amant ombrageux, dans le sillage de ses duos avec Mylène Farmer, Isabelle Huppert, Elodie Bouchez, Jennifer Charles ou Carla Bruni. Les deux chantent dans la langue de Verlaine au son d'une guitare Telecaster. Le plus âgé, «la campagne amie»; le cadet, «j'ai la ville au ventre». La mélancolie, l'amour, la mort, Dieu, la route et les volcans habitent leurs chansons. Pour son nouvel album, « Taormina » (au pied de l'Etna), Murat est monté pour la journée à Paris et reprend demain aux aurores le train pour Clermont-Ferrand. Raphaël repasse par la capitale entre deux dates d'une tournée triomphale et enregistre un album live pour l'automne. C'est le pic de la canicule. Le «berger du néant» porte des Pataugas, un pantalon de treillis, une chemise hawaiienne accentue le bleu électrique de ses yeux, adoucis par ses longs cils noirs. Raphaël, tennis kaki délacées, tee-shirt gris, pose sa veste de costume à fines rayures et sourit de son regard bleu ciel. Rencontre inédite.


Nom de scène

Raphaël. - Mon nom, Raphaël Haroche, me faisait penser à l'école. J'ai hésité longuement à prendre le nom de ma mère. Et plus je réfléchissais, plus je me disais que des chanteurs épatants avaient juste un prénom : Christophe, Barbara.
Jean-Louis Murat. -Bergheaud est un nom à coucher dehors. A l'école, mes profs l'écorchaient toujours. Je voulais adopter le pseudonyme d'Aymerigot Marchez, un brigand des hauts plateaux d'Auvergne qui me faisait rêver enfant. Quand j'ai téléphoné à ma maison de disques, ils m'ont pris pour un fou. J'appelais de Murat-Le-Quaire, alors j'ai dit Murat. Ils ont dit OK. C'est bien tombé. J'ai toujours aimé l'épopée napoléonienne, la chevalerie, la cavalerie surtout. J'ai l'impression d'avoir un subconscient du temps du cheval. Pour moi, un homme, ça va à cheval. Gamin, je montais à cru. Je suis dingue de chevaux. Coucher à l'écurie avec les chevaux ! Raphaël, on l'entend bien dans « Caravane », je devine aussi son côté migrant.
Raphaël. - Le cheval n'est pas mon univers. Mais j'aime la moto. Même si j'ai vendu la dernière, une vieille BM qui tombait tout le temps en panne.

Amour
Raphaël. - J'écris en pensant aux gens qui me sont proches. C'est une façon de parler avec pudeur à ceux ou à celle que j'aime.
J.-L. Murat. - L'amour, c'est la matière même de mes chansons. J'ai l'impression d'être le produit de la poésie occidentale qui plonge ses racines dans le chant amoureux. Depuis des siècles, des millions de vers et de mélodies ne véhiculent que la dimension amoureuse. Du Bellay, Marot, Villon, l'amour est au coeur de notre langue.
Raphaël. - Et toute la vie est rythmée par l'amour ou le désamour.
J.-L. Murat. -Dans le chariot de la chanson française, la place est toute chaude pour les histoires d'amour. On n'écrit une chanson que pour faire la révolution ou tomber une fille.

Langue française
Raphaël. - Je rêve en français. J'aurais aimé naître aux Etats-Unis, grandir à La Nouvelle-Orléans et avoir sa musique dans le sang. Jusqu'à 20 ans, j'ai essentiellement écouté des chanteurs anglo-saxons. C'est vrai que du Presley ou des airs de blues-rock peuvent sonner d'une façon stupide en français. Mais Barbara, Brel ou Piaf, c'est aussi beau que Bowie ou Neil Young. La musique est moins intuitive, moins violente, mais il existe une grâce assez rare dans la chanson française. Et l'espagnol, le portugais ou le mandingue n'ont pas à faire de complexes face à la suprématie anglo-saxonne.
J.-L. Murat. - En anglais, il y a une dimension, mettons entre Shakespeare et Howlin' Wolf, qui ouvre des profondeurs attirantes. En France, j'ai l'impression que les textes ne dépasseront jamais Baudelaire, et la musique, Debussy. La langue française sent un peu son jabot en dentelle. « Avec le temps » de Ferré par exemple, c'est toujours le XIXe siècle qui nous parle. Il faut avoir l'humilité de se dire que ce n'est pas la peine de faire du neuf. On recycle quelques déchets à sa façon, on fait les poubelles. Je ne suis qu'un éboueur, et mon palais est fait pour des expressions françaises.
Raphaël. - Pourtant Brel, par exemple, saisit la langue parlée comme Céline. Et en écoutant Wyclef Jean des Fugees chanter « Welcome to Haiti » en créole, des horizons s'ouvrent, on sent une langue plus proche de l'anglais, plus innocente, plus révolutionnaire.

Femmes
Raphaël. - J'aime chez les filles les contradictions : le mystère, mais aussi la camaraderie et la drôlerie.
J.-L. Murat. - J'aime toutes les femmes. Le fait féminin me fait fondre. Même dans les noms, je préfère la jonquille au narcisse par exemple. Chaque fois que je me tourne vers ce qui est strictement féminin, ça me rend meilleur. Je suis sans doute très macho. Un handicap. Aujourd'hui, les femmes aiment bien materner. Il y a un glissement vers des visages plus flous qui ne montrent pas de sexualité brute.
Raphaël. - Tu veux dire que je suis flou ?
J.-L. Murat. - Mais non, moi aussi on m'a longtemps pris pour un angelot. Mais on sait bien que si Monna Lisa attire autant, c'est parce que c'est un mec déguisé en nana.
Raphaël. - J'ai arrêté le culturisme il y a deux ans (rires).

Dieu
J.-L. Murat. - Je suis un croyant sans foi. C'est clair, sur terre, des forces nous dépassent. Une évidence quand on habite la campagne. Le sourire d'une fille qui lui échappe, tu vois bien que c'est Dieu qui te sourit. Raphaël, quand on l'écoute, on sent bien son étoile de chevalier, c'est-à-dire toujours un genou à terre devant la beauté du monde. C'est une façon de rester à sa place, de regarder une primevère et de savoir qu'elle a tout à nous apprendre. Ne pas se prendre pour le nombril du monde mais pour un petit caillou au milieu de milliards de petits cailloux.
Raphaël. - Une prière à un caillou, pourquoi pas ? Quand tu te balades dans la nature, tu as envie de dire merci à quelqu'un. Je ne suis ni croyant ni pratiquant, mais sensible à l'injustice depuis que je suis tout petit. Et les religions m'impressionnent. On touche quelque chose proche du chant, qui vient du fond des temps, dès qu'on entre dans une église, une synagogue ou une mosquée. Un soulèvement.

Ville-campagne
J.-L. Murat . - Je suis un cul-terreux. Un vrai paysan. La bouse de vache, c'est l'odeur qui me transporte par excellence. Le lait, l'herbe, je suis habité par ça, et dès que je me replonge dedans, c'est une tempête hormonale. C'est constitutif de ma personnalité au niveau le plus primitif. Je me sens très mal en ville, et dès que j'y viens pour des entretiens, c'est une catastrophe. Je me suis levé à 6 heures du mat, j'ai pris le train, je suis à cran et je deviens hors de moi.
Raphaël. - Je suis né citadin. C'est un environnement presque hostile, la ville. Mais j'aime, aussi loin qu'il m'en souvienne, la chaleur sur la tôle, les cafés, le macadam, les pots d'échappement pour tout horizon. Ce côté vibrant d'être au coeur d'une fourmilière. Ce sentiment d'être une poussière. Quand je vais à la campagne, au bout d'une semaine il faut que je revienne à la ville. Une espèce de langueur, de mélancolie me saisit et je suis en manque de l'électricité des cités. En même temps, j'éprouve toujours ce besoin d'ailleurs et de départ. L'envie d'être un étranger, de rêver en étant étranger à tout. Mais la musique est pour moi le vrai voyage dans le temps. C'est avec le parfum, plus éphémère, la seule chose qui t'emporte dans la réminiscence d'une émotion pure. Chaque fois que tu réécoutes la bande-son d'un moment de ta vie, tu retrouves la couleur, l'odeur, l'ardeur.

Volcans
J.-L. Murat. - Je suis né en plein milieu. J'habite au-dessus d'une vallée glaciaire, au-dessous de deux lacs qui sont les restes du glacier. On amène les vaches sur la planèze, on dresse un mur avec les pierres qui la parsèment, on fait péter les rochers des moraines pour construire les maisons.
Raphaël. - Je me souviens d'une petite île volcanique de Sicile où j'avais échoué une nuit sur une plage. L'odeur du soufre est épouvantable. Quand j'ai écrit «sur la ligne de front au-dessus du volcan», c'était forcément en référence au roman de Lowry. On danse au bord du volcan, la violence du monde est toujours proche. On frôle la rupture, et on sait que tout cela finira mal. Plus personnellement, goûter à l'euphorie, se sentir sur la brèche et savoir que d'une seconde à l'autre tout peut s'effondrer brutalement.
J.-L. Murat. - Pas de volcan, pas de vie. Ou la Terre serait éteinte. Il ne faut pas craindre d'être volcanique.

Trois livres
J.-L. Murat. - Proust et Nietzsche, mes auteurs préférés. Et tiens, Rutebeuf, pour le rut et pour le boeuf.
Raphaël. - Récemment : « Tout est illuminé », de Jonathan Safran Foer ; « la Conjuration des imbéciles », de John Kennedy Toole et « Visions de Gérard », de Kerouac.
J.-L. Murat. - Je préfère « Mexico City Blues », ses poèmes au mescal. Ces coups de Zippo dans la nuit noire, ces flashs.

Trois disques
J.-L. Murat . - Boby Lapointe, Joe Dassin, Jean-Roger Caussimon.
Raphaël. -Barbara, Renaud, Téléphone, ceux avec lesquels j'ai grandi. Je les connaissais par coeur. Parce que Bashung, Christophe ou Manset, je les ai découverts à 20 ans, et ce n'est plus pareil. Chez les Anglo-Saxons : Bowie, Dylan et le génial Hendrix.
J.-L. Murat. - Dylan, les Stones et Tom Waits, beaucoup trop méconnu.

Jean-Louis Murat: «Taormina» (V2). En vente le 28 août.
Raphaël, «Caravane» (Capitol).

Raphaël en 6 dates
1975 : naissance de Raphaël Haroche à Boulogne-Billancourt
2000 : premier album, « Hôtel de l'univers »
2002 : première partie de David Bowie à l'Olympia
2003 : album « la Réalité ». « Sur la route », duo avec Jean-Louis Aubert
2005 : album « Caravane »
2006 : trois victoires de la musique, 1,25 million d'exemplaires de « Caravane » vendus, tournée triomphale

Jean-Louis Murat en 6 dates
1952 : naissance de Jean-Louis Bergheaud à La Bourboule
1981 : premier maxi 45-tours (banni des radios, jamais réédité), « Suicidez-vous, le peuple est mort »
1989 : « Cheyenne Autumn »
1991 : « Regrets », duo avec Mylène Farmer, et album « le Manteau de pluie »
1996 : « Dolorès »
2006 : « Taormina »

par François Armanet
Nouvel Observateur - 24/08/2006


 


 

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après

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Publié le 9 Février 2024

bonjour,

Il  y aura bien un hommage "live" à Jean-Louis Murat ce soir aux VICTOIRES De la MUSIQUE. C'est une publication sur instagram qui vend la mèche (d'une attachée de presse).  Et  Raphaël Haroche s'y collera donc sous l'oeil de Jean-Louis projeté derrière lui (seul ou avec d'autres, la question se pose encore...)... C'est bien qu'on ait l'information avant, ça permet de se préparer.

Raphaël est un vrai admirateur de Murat, le proche de Manset (qui s'est déjà frotté à l'exercice de la reprise sur ce dernier) aimait beaucoup Lilith à sa sortie notamment m'indique Anne T.  (merci à elle).  Il avait déjà chanté "un singe en hiver".  A la mort de Jean-Louis, il avait posté: ""En demi-conscience, j'allais au fond des ténébres". Toute une vie de beauté, de poésie, de liberté. ciao il francese" . (Ps: j'ai encore ajouté des hommages récemment dans l'article les recensant).   Il avait rencontré Jean-Louis Murat au moins une fois lors d'une interview croisée. Je publierai ça demain. 

 

Pour rappel : Non, Jean-Louis Murat ne se foutait pas totalement des victoires et de la reconnaissance du public et des professionnels:   http://www.surjeanlouismurat.com/victoiresdelamusique-2024-jean-louis-murat-nominations-matt-low-nesles-hommage

 

 

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après

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Publié le 4 Février 2024

Pour débuter deux points en préalable:

- j'ai cherché mais pas de trace de l'hommage à Jean-Louis Murat au festival du Court lors de la soirée d'ouverture.  J'ai juste lu un commentaire (Rémi B. il me semble) que le public a été à la hauteur "cette fois"... puisqu'il était rappelé que "Murat en plein air" avait été lui l'objet de sifflets "injustes".

- On a parlé de jeux télé il y a quelques semaines, c'était cette semaine "le jeu des mille euros"  dans lequel Jean-Louis Murat a fait l'objet d'une question.  Une question blanche car facile... mais non, une question banco! Voici l'extrait:  Le nom de  Nicolas Stoufflet était déjà apparu sur le blog: c'est un grand ami de Jack Daumail...  

 

 

Sur ce, venons-en à l'ordre du jour:

1)   Dans l'ordre d'apparition:

On a déjà parlé d'un projet à l'est (Doubs et Jura) avec le groupe Sacreblues Harmonica avec un premier concert qui a eu lieu en octobre.

Il y a quelques jours, les musiciens de MURATTITUDE s'abonnaient à mon profil sur instagram (@murat_tribute). C'est cette fois dans la région parisienne.  

 

Ils se sont testés en novembre à Arcueil (scène ouverte du Le PRESQUIVAL). Une vidéo est visible sur instagram. Ils ont leur page youtube:

 

- Et on a enfin du côté du Limousin,  Catherine FONTAINE (Catherine Pascale Valade), qui a sa page wikipédia. Il semble qu'elle ait beaucoup tourné avec des spectacles "jeune public" (en passant par exemple par les Bains douches de Lignières),  et elle a plusieurs disques à son actif.

Bien que précédemment, elle avait choisi d'interpréter un répertoire exclusivement de chanteuses, elle jouera du Murat en solo le 23/02 à Brioude (43) mais annonce une formation "duo" prochainement.

 

Bon, voilà de quoi attendre le Week-end Murat, yes sir! 2024 pour les amateurs de "live"...   

LES REPRISES EN PLUS

- Franck Gervaise, dolo, et peintre, a repris de nombreux titres  à voir sur sa chaine youtube... Je retiens cette version enregistrée dans de bonnes conditions, avec en illustration, une de ses oeuvres :

 

 

En passant, je signale les chansons originales (13!)  portant sur Jean-Louis de Bruno Romary (à entendre sur sa chaine yt).

 

-  Elysian Fields et Matt Low:

 

 

2)   Je vous propose une petite interview de Frank Loriou à l'occasion de sa dernière expo au Rouen. Il n'est pas question de Jean-Louis mais c'est intéressant sur son travail.

 

L'ARCHIVE EN PLUS

Une chaine youtube au 60 000 abonnés consacrée à la poésie française a partagé une interview Murat/Huppert sur Inter:

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après

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Publié le 31 Janvier 2024

J'étais dimanche en promenade, un peu la flemme de sortir l'appareil à un endroit multiphotographié déjà depuis 24 ans que j'y monte désormais. Et puis, finalement... Et j'ai été happé par le graphisme que le ciel me présentait... et j'ai pensé à Gagner l'aéroport...

D'où ce petit montage qui fait écho au premier clip fait sur cette même chanson   il y a 9 ans (... fait à l'arrache comme d'habitude, j'ai laissé le son de la vidéo d'accompagnement sur la 2e partie du clip...). Pas de quoi avoir droit au festival du court métrage de Clermont-Ferrand (à la différence des oeuvres de Biscuit Productions... on en reparle en fin d'article).

Puisque j'étais sur ma chaine youtube, j'ai profité pour mettre en public quelques vidéos qui n'étaient visibles que sur le blog.  Quelques surprises à aller dénicher...  Je vous en mets juste certaines ici:

- Période BABEL:

Une interview pour se rappeler d' Uriage en voix, avec les copains et copines.

-un Titre live diffusé sur Europe 1 (francos)

- Pour se faire du bien, la critique dythérambique sur IL FRANCESE :

C'était déjà en mode "public" mais voilà l'occasion:

- La Féline!  On la retrouvera  au Week-end Murat, yes sir! le 21 et 22 juin 24, et très prochainement aux VINZELLES (Volvic), avec les Argil (ex - Hiver Pool).   Merci aux nombreuses personnes qui ont déjà réservées leur place (5 mois avant, c'est top pour mon... sommeil)!

 

On retrouvera aussi Denis: CHARCOT, qui m'avait donné sa reprise de TIGE D'OR

- ET puisqu'on en est au Week-end Murat, j'ai envie de vous réinviter aussi à réécouter Eryk.e  live lors de l'édition 2023 (un peu maigre le nombre de vues).  Il sera à nouveau présent.  Sur un texte de Jean-Louis Murat:

Merci au site NOSENCHANTEURS !  Ils ont parlé du Week-end à l'occasion de l'anniversaire de Jean-Louis Murat en partageant la chanson inédite d'ALAIN KLINGLER que ceux qui ont été présents l'année dernière ont découvert en exclusivité.   A VOIR ICI     En 2024, vous aurez encore droit à de l'inédit!

 

Ah profitons-en : COCO MACE qui nous a chanté "montagne" de si joli façon a sorti sa nouvelle chanson il y a deux semaines , et j'aime beaucoup:

 

- Je retrouve pleins de trucs sur cette chaîne que j'avais oublié (dont les vidéos privées, et celles bloquées... faut que je trouve le moyen de vous repartager Nolwenn Leroy chantant Murat a capela... ).  Un petit travail de Matthieu qui était non répertoriée pour se promener dans différentes versions de l'Examen de minuit... mais il n'y pas celle que je préfère....

-  Quant à mes mouflons,  ils ont été bien vues...  et Royat, mon dernier concert, ce fut...

LE LIEN EN PLUS ANNONCE TOUT EN HAUT

 

Le festival du court métrage rendra hommage à Jean-Louis Murat lors de la cérémonie d'ouverture le 2/02 avec la diffusion d'un clip signé Biscuit Production.

 

 

Biscuit Production, c'était aussi "je me souviens" au théâtre de la Bourboule... Ils viennent de s'en servir à nouveau pour le clip de Dionysos qui reste encore à paraitre.

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #montagne - rando et photos, #vieilleries -archives-disques

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Publié le 27 Janvier 2024

La 39e cérémonie des Victoires de la musique  aura lieu le vendredi 9/02.  39e et toujours aussi contestable, la France n'a pas réussi comme aux Etats-Unis à construire une "institution" comme peuvent l'être les Grammy. Jean-Louis Murat a très régulièrement déploré le manque de culture musicale en France, ceci explique peut-être cela.  Et les organisateurs des Victoires ont très largement donné de quoi se faire battre... En replongeant dans le palmarès et les nommés:   Voici Corinne Hermès, Melody, Linda William,  Philippe Swann, Indigo, Vallée, Stephend, Tous ces noms dont pas un ne mourra, que c’est beau!!     Hein? moi? de mauvaise foi?  Oui, certes, les scandales sont moins nombreux, certains grands ont été récompensés aussi. Et d'ailleurs,  je vous assure, promis, vrai de vrai, que je n'étais pas dans l'optique de polémiquer. Le débat actuel est d'ailleurs plus sur le fait que les musiques dites urbaines s'estiment sous représentées et ça, je m'en bas l'os... oups, je dévie encore. Reprenons.

Je voulais juste dire que j'espérais qu'un vrai hommage  soit rendu à Jean-Louis Murat (et pas seulement quelques secondes dans le "jardin du souvenir").  L'année dernière, un joli temps avait été accordé à l'anecdotique mais sympathique et qui a la carte VIP du club/de son club : Régine...  Cette année, "morbide", il y a embouteillage dans les funérailles d'antan:  en tête Jeanne Birkin... et F. Hadji-Lazaro mériterait oh combien d'être salué par son activisme... sans parler de la sympathie accordée à Guy Marchand ou des pointures internationales (Belafonte, Tina Turner, Cutugno ou Shane McGowan).

J'ai tenté de savoir si jamais... si enfin... peut-être...   via l'attaché de presse de la soirée, qui se trouve être un proche de Marie Audigier, et un muratien... mais il s'agit d'informations sensibles... distillées au compte-goutte.  Le 23 janvier, on apprenait par exemple qu'une victoire d'honneur serait  attribuée à Lavilliers.

On va donc se contenter de croiser les doigts et espérer que la télévision populaire accorde enfin  un joli moment à Jean-Louis Murat. On me dit que ce n'est pas important, vu  ce que ce dernier en pensait notamment. Je ne suis pas d'accord, et j'ai toujours été critique de la façon dont Murat sabordait Bergheaud (ou inversement), même si c'est aussi ce que j'ai aimé raconter toutes ces années. Murat, comme Manset, mérite la popularité et la reconnaissance (Qu'est-ce que ce serait de voir Manset une fois sur scène, à la télévision, devant les professionnels de la profession:)

Mais pour l'instant, n'en restons pas là avec les Victoires :  bien qu'a priori, il n'y ait pas de quoi en faire une série, revenons-en aux saisons précédentes, car on peut tout de même se raconter quelques histoires et racontars au  coin du feu... en attendant le dernier épisode  (et la séquence aux Césars pour saluer le compositeur de musique de films, acteur, amateur et chroniqueur JL B.?). 

 

 

Jean-Louis Murat et les Victoires de la Musique

"Réputé pour son intransigeance artistique et son franc-parler en interviews, jamais récompensé aux Victoires de la musique". C'est ce qu'écrivait  L'Equipe le 25/05 dernier. Le journal des sports s'attache classiquement aux trophées et aux classements. On répondra d'un premier abord que ce n'était pas le cas de Jean-Louis lui-même, au profil pourtant batailleur. Des récompenses: une chronique de Anne-Marie Paquotte, au début, le bon point de Melody maker pour Avalanche4, sa reprise de Cohen,  pouvaient en être une à ses yeux, la bonne critique dans Mojo (pour Grand Lièvre) un peu plus tard également... à moins qu'il en cherche avant tout ailleurs  ("Chaque fois qu'on fait l'amour, c'est une victoire"- le Temps en 2004).  Il n'a pas non plus fait grand cas de sa décoration comme Chevalier de l'ordre des arts et des lettres.... mais ne l'a pas refusé (comme Ferré ou des artistes plus récemment). Pour les Victoires, c'est idem... Fauve avait refusé sa nomination (c'est plus facile de le faire une fois qu'on a eu un succès énorme et pas de maison de disque pour qui c'est un enjeu important derrière soi), un rappeur cette année également.  Un peu comme avec ses fans actifs  auxquels il a toujours foutu une paix royale (de la Dolo à muratextes.. et quelques autres), Murat laisse faire, ce qui l'intéresse, c'est  faire des disques, gérer une carrière moins...  Une façon d'être dedans et dehors,  comme avec les médias... tant pis pour les incohérences et contradictions (tant mieux penserait-il).

 

Jean-Louis Murat  est nommé deux fois comme révélation masculine lors de la 4e  (novembre 1988, victoire de Pagny)  et 5e édition (février 90, victoire de P. Lafontaine, Pour vous resituer:  "Vanessa Paradis, très émue d'être nommée meilleure chanteuse de l'année pleure, avant ... un peu pendant ... et beaucoup après l'interprétation de sa chanson" nous-dit la fiche INA, puis "- Vanessa Paradis se pince les joues pour reprendre des couleurs, assise dans la salle").

En 1989, sur TF1, à Thierry Beccaro qui lui prédit une Victoire de la Musique, il répond: "ouais, mais c'est une couillonade ça".

Bernard LENOIR (sur Europe 1,  1990) lui a proposé de réagir  : "C'est nul, évidemment on devrait mettre une limite d'âge aux révélations, j'arrive à un âge canonique, ça fait 12 ans que je fais de la musique, donc c'est révélation pour qui, pour quoi, on se demande. Par définition, ce genre d'épreuves et de compétition, c'est nul. déjà l'industrie du disque de mes collègues je m'en tamponne, ça me ferait faire un effort considérable pour m'intéresser à un truc qui ne m'intéresse pas du tout.  Les gens achètent ce qu'ils veulent, moi, je m'en fous royalement. Ça serait beaucoup plus simple si ça s'appuyait sur les ventes de disques, et on donne une papillote, un bon point à chacun".  Relancé par l'animateur, il indique en prenant l'exemple anglo-saxon que ça serait à certains médias de lancer des distinctions parallèles pour récompenser "par exemple Bashung, ou le groupe Gamine".

En 2003 (dans Jim), il raconte:   "On  fait un 2ème 45 tours avec Denis « le garçon qui maudit les filles » et « Virgin » me laisse faire un album. Je sors enfin « Cheyenne Autumn » (en 1989 futur disque d’or) et me retrouve aux Victoires de la Musique … où je refuse d’aller sur les conseils de SOUCHON qui me dit que ce n’est pas pour moi !" (Souchon était un des maîtres de cérémonie de la 4e édition). 

Notre correspondante parisienne a accepté de passer un moment à l'INA pour vérifier cela : aucune trace de Murat... si ce n'est lors de la 4e édition, son nom et une photo que je ne connaissais pas, sur fond noir, un Jean-Louis sévère, avec une surchemise bariolée, bleu claire (aux motifs type polaire de montagne).  Il est possible que la photo soit de Frédérique Veysset (la tenue ressemble à celle de la pochette du 45t "le garçon qui maudit les filles"). Lors de la 5e, les nommés ne sont pas montrés.  Indiquons qu'à l'époque, tous les nommés n'avaient pas le droit de venir chanter, comme actuellement.

Pourtant,  en 2013, il nous indique qu'il aurait participé: (interview Evene): « Je cours après un train que je n'ai pas envie de prendre... Il y a quelque chose de mortel dans le succès. Une fois que tu l'as, qu'est ce qui se passe ? Je préfère me préserver. J'essaie de tracer mon chemin. C'est une banalité affligeante mais ce qui compte dans ce métier, c'est de durer. Je mise la dessus. Je ne veux pas être un chanteur éphémère  [...] Une fois, ma maison de disques de l'époque, Virgin, m'a emmené aux répétitions des Victoires. Mais comme je suis un impulsif, j'ai failli me friter avec Bruel et Pagny. Je sais qu'à n'importe quel moment ça peut déraper lorsque je suis en public. Surtout si j'ai un imbécile en face de moi. De toute façon, c'est de famille. Chez nous, on démarre au quart de tour. Je viens d'un milieu populaire où on dit: « Tu vas fermer ta gueule ou je te fous le verre sur la tronche. » Je vois ça comme une blague, mais cela n'amuse pas tout le monde. J'ai eu beaucoup de problème avec le showbiz ou avec les gens qui bossent avec moi. »

C'était  lors de la 7e édition, en février 1992, quand Le manteau de pluie est nommé comme  meilleur album.  Avec JJ Gargamel (Fredericks-Goldman et Jones) et William "Sheller en solitaire" qui l'emporte (ah, oui, je sais ce que vous vous dites: ah mais c'était la même période que ces disques là... ça me fait toujours ça...).

On ne trouve pas de trace de Pagny cette année-là, mais Bruel est élu interprète de l'année... mais pour le reste, on n'a pas pu visionner la cérémonie. Ce n'était pas disponible. Ah que le regretté Matthieu a râlé devant ces petits soucis et les erreurs de fiche quand il s'est enfermé quelques après-midi dans un centre de consultation INA, je vous invite néanmoins à le faire: il y a encore quelques trésors... notamment la preuve que Jean-Louis "il est trop beau" Murat était bien présent à cette cérémonie en 1992:

- 10/02/1992:  GIGA DANS LES COULISSES : LES VICTOIRES DE LA MUSIQUE : Reportage réalisé avant et pendant les Victoires de la musique auprès des chanteurs invités et "nominés" : arrivée au milieu des fans, répétition, artistes recevant leur récompense, réaction, remerciement... Joëlle URSULL, Jean-Louis MURAT, William SHELLER, Eddy MITCHELL, Jil CAPLAN, MC SOLAAR, LES INCONNUS, SMAIN, Patricia KAAS, Jane BIRKIN et Patrick BRUEL disent en quelques mots ce que signifie pour eux cette manifestation.

On voit Murat répéter "sentiment nouveau", signer des autographes à des enfants (ils réalisent le sujet) et il dit:  « Ah non, mais je sais déjà que je vais pas gagner, donc je vais faire de la figuration, moi. Si avec Goldman et Sheller, on faisait ça au foot, aux fléchettes ou à la lutte, je dis pas. Mais là on le fait, je sais pas comment, je sais  même pas qui vote, d’ailleurs dans ces trucs-là … ». Giga était une émission pour ado, diffusant un peu de reportages entre Sauvé par le gong et  Le prince de bel air.

                                                                                         Télé 7 jours

Amusant de constater que Jean-Louis concoure avec  Sheller une douzaine d'années après qu'il a donné son coup de main, et je note aussi Nilda Fernandez qui arrivait, c'est  Claude Dejacques, comme Murat en 1981 pour EMI, qui l'avait signé des années auparavant. C'est aussi peut-être là que Jil Caplan a connu Jean-Louis, elle lui est restée très attachée. Eicher (Engelberg, album de la communauté francophone) et Mylène Farmer étaient également nommés.

Fin de l'histoire?

 

En 2003, à un journaliste qui l'interroge sur une éventuelle nomination de Lilith, « J'irai surtout pas ».

Et à Gilles Medioni en 2004 (l'express), Caliméro sur le cheval du maréchal M. :

"Je ne me crois pas aigri, ni prétentieux, mais mon franc-parler me coûte cher. Le show-business me respecte et me déteste à la fois. On ne m'invite pas à la télé, on ne passe pas mes chansons à la radio, on ne me nomme pas aux Victoires de la musique, et pourtant j'aimerais que mon travail soit pris en considération. Le show-business, c'est le FLNC! L'omerta règne. Pourquoi ne pas expliquer la réalité politique et artistique du métier? Et aussi sa réalité commerciale et pragmatique? Parler des cachets? Proportionnellement aux dix grands qui ramassent la caillasse, moi, je touche le RMI. Dernièrement, j'ai même donné un concert dans le centre Leclerc de Niort, la ville des mutualités; c'était très bien organisé. D'ailleurs, je ferais bien une tournée des centres Leclerc... Mais mes disques plafonnent à 100 000 exemplaires. C'est pile le point d'équilibre pour rembourser les frais d'enregistrement. Autour de moi, on me conseille de mettre de l'eau dans mon vin pour être plus «vendable», d'employer moins de 200 mots dans mes textes car les gens veulent écouter des trucs faciles sur leur autoradio. C'est le syndrome Star Academy. Et, quand je suis vraiment dans le rouge, on m'incite à écrire pour Isabelle Boulay. Mais c'est un autre job et je ne suis pas un mercenaire".

Cette même année, à la presse belge, il se dit même boycotté:

Rencontre avec un libertaire farouche, en fin de contrat avec sa maison de disques et se disant officieusement «boycotté» par les dernières Victoires de la musique (2004) :   "Tout comme j'ai appris officieusement qu' Universal Music ne voulait pas de moi parmi les nommés des dernières Victoires de la musique" dit-il.

Dedans et dehors... toujours, et c'est vrai qu'on peut être surpris que ni Dolorés, ni Mustango, ni Lilith, ne lui ai permis d'être nommé.  Ça faisait un peu parler à l'époque:

En 2000:  "A l'heure où se déroulaient les Victoires de la Musique, lui, le grand oublié, se posait à Colombes ce 11 mars dans le cadre du festival Chorus des Hauts-de-Seine, en banlieue parisienne. Le grand oublié, parce que son cinquième album "Mustango" (Labels/Virgin), enregistré aux Etats-Unis, et bien qu'unanimement salué par la critique, a tout simplement été ignoré par les professionnels de la profession. Est-ce parce que Jean-Louis Murat s'est répandu dans toute presse sur la compétence des musiciens américains et inversement sur le peu d'entrain des musicos de studio en France ? Fâcheuse coïncidence. Ce soir encore, égal à lui-même, le chanteur bougonne" . (RFI en 2000).

On retrouvera néanmoins Murat nommé pour A BIRD ON A POIRE dans les albums pop rock (20e édition, 2005).  C'est Fred Jimenez qui était présent au cas où... mais Arno l'emporte avec son French bazaar (avec la tête en arrière  de  Luke et 1964 de Miossec).

Pour TAORMINA, deux ans plus tard. c'est Superbus qui passe devant (on sait que Jean-Louis  aimait bien Jennifer).

En 2012, Grand lièvre fait l'objet d'une réédition limitée "Edition Victoires de la musique", quelques jours avant la cérémonie... mais pas de nomination (HF Thiéfaine remporte 2 trophées).  C'est sans doute la preuve d'un grand intérêt de la maison de disques pour l'événement. 

En 2013, c'est la victoire de Dominique A, qui arrivent après celles de Bashung... Pour faire un raccourci, pour certains, et moi à l'époque, c'est aussi un peu celle de Murat. L'AFP: "Comme Jean-Louis Murat ou Alain Bashung, il a toujours concilié dans sa démarche artistique une approche à l'anglo-saxonne centrée sur la musique, dont il a une connaissance pointue, et la culture du texte de la chanson française".  La dépêche se poursuit ainsi : "Pendant vingt ans, j'ai pensé que j'étais un looser. On me récompense sur la durée, pour une carrière en marge. Je suis aimé par peu de gens pour le moment, mais ils me donnent beaucoup d'amour", a déclaré Dominique A dans les coulisses".

 Dans Paris Match, on  demande à Jean-Louis :  - Quand Dominique A est couronné aux Victoires, ne pensez-vous pas que les choses évoluent ?  Au départ, j’étais super content pour lui, on est un peu dans la même galère. Mais après, il a dit qu’avoir la statuette lui donnait l’impression d’être un winner, que depuis vingt-cinq ans il se sentait loser. Quand tu fais l’artiste, ce n’est pas pour être loser ou winner, ça c’est pour les tradeurs. Moi, je me sens proche de gens qui ont des comportements irréprochables, sans ambiguïté, comme Mylène Farmer ou Nicola Sirkis".  Dominique A lui en voudra un peu...

 

En 2015,  avec BABEL, on retrouvera son nom en 2015 comme artiste de l'année (avec un système faisant apparaitre plus de noms) aux côtés des  "éliminés au second tour" : Alain Souchon et Laurent Voulzy, Ben l'Oncle Soul, Miossec, et Dick Annegarn. Les véritables nommés sont cette année,  Julien Doré (vainqueur),  Calogero et Johnny Hallyday.

[notons que Paradize d'Indochine, album auquel il participe reçoit la victoire en 2003, le disque de F. Hardy avec "memory divine" est aussi nommé]

 Les albums suivant méritaient-ils un accessit? On peut quand même le penser. P. Mikailoff, au Progrès, en 2020:  "Par exemple Jean-Louis Murat, il sort un album le 3 mars. Mais je comprends pourquoi il n’est pas nommé : c’est une tête de mule et il n’a pas de copains dans la profession. Il faut vraiment caresser les gens dans le sens du poil pour avoir une chance d’être nommé".

La messe était donc dite... mais on peut penser que Jean-Louis n'aurait pas été insensible à la reconnaissance du métier, et du public (le "petit" projet Aura aime Murat  l'avait touché). Pour cela, il aurait fallu un album qui se vende à nouveau, je pense qu'il espérait toujours y parvenir.

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Quelques liens en plus pour finir:

 

 

 

 

LE LIEN EN PLUS COMPTE-RENDU DE CHOSES VECUES EN SUPER REALITE AUGMENTEE VRAIE

 

1) NESLES à PARIS

 

LE 15 JANVIER: 

Cette soirée à la Manufacture chanson, je l’avais réservée sans trop savoir à quoi m’attendre… Pourtant il y a de ces rendez-vous de hasard qui ressemblent à des belles promesses.

Il y a eu…

Les planches d’Alfred et Berberian exposées dans la première salle, leur poésie, leur humour, leur amour pour les musiciens. Les souvenirs d’adolescents, les instants captés sur scène ou en coulisses. Les artistes au travail. Les portraits de Barbara ou d’Arthur H. L’éclat des couleurs.  [mais il n'y a pas eu les dessins de Murat, déjà réalisés pour le livre "Française Pop" avec Conte et l'émission le RING].

La délicatesse de Charles Berberian musicien et chanteur, ses adresses rigolardes au public, son plaisir à jouer avec et pour nous.

La complicité d’Alfred et Berberian dans un duo en italien, fragile et rieur.

 

Et puis Nesles

Sa voix. Légèrement râpeuse, qui caresse ou mord

Cette présence dense, orageuse

Les ruptures de rythmes, les expériences sonores, les surprises

La tension de cette parole poétique, de ce regard qui soudain se pose, de ce corps électrisé

A la lumière de deux lampes tempête, et d’une roue de vélo scintillant de l’éclat d’une guirlande, des paysages, des souvenirs, des colères et des élans, des invites sensuelles.

La puissance de ces chansons, l’émotion à les recevoir dans cet espace si intime,

cette scène étroite que l’afflux des sons ouvre et déplie,

qui vibre aussi de toute l’énergie de morceaux rageurs, Jérôme Castel (entendu avec Bertrand Louis, qui cause de Murat ici),  Christian Quermalet (vu avec Silvain Vanot)  et Nesles réunis sur scène pour final enflammé.

 

C’était décidément une belle promesse. La promesse d’un album à venir, puisque ce concert était un « crash test », une étape dans le travail de création en résidence à la Manufacture.

En attendant, il me reste toute une discographie à découvrir. Joie de repartir dans les rues glaciales riche de cette perspective, la tête bruissante de toute cette belle effervescence.

Florence

 

On avait beaucoup aimé son premier disque et ça a été l'occasion de l'interviewer  en 2017. Un peu moins le 2e... mais le 3e promet!

 

2)  Matt Low à St-Martin d'Hères 25/01

Dans le cadre d'un festival professionnel de programmateurs  qui enchaînent les spectacles, et donc dans une ambiance un peu spécial, j'ai découvert des nombreux nouveaux titres de Matt Low... avec une formule guitare sèche (mais qui sonne parfois comme une électrique)... et homme orchestre: j'ai nommé Yann Clavaizolle... qui non seulement content de taper sur des caisses, joue des petits claviers et harmonise sa voix avec celle du chanteur nonchalant, chapeau quand il arrive à ne pas perdre le rythme avec son egg shaker tout en pianotant.  Avec en plus un peu de sample de guitare, on retrouve un peu des orchestrations très réussies des disques. J'ai malheureusement raté le début et trois titres... et je suis arrivé sur le titre "mon ami" dédié à Christophe Pie... et le set se termine par un inédit...  Je sens la Isa de Grenoble à la limite de défaillir à côté... quand sur cette jolie mélodie, le texte nous emmène du côté du col du Guery.... et des tanières des habitants du lieu. "Jean-Louis est mort" tombe..."dis-y moi", on part ensuite du côté de St-Malo... où est passé la tournée babel... La fin du morceau avec un doux sifflement est magnifique.  Le titre composé à l'automne ne figurera pas sur le nouvel album à paraître en avril (avec une nouvelle structure qui associe Morgane, Alexandre Delano et lui). J'apprends aussi que Matthieu intègre les Dragon Rapide (qui figurait sur Aura Aime Murat). J'ai cru le groupe disparu à jamais... On avait déjà appris il y a quelques jours que The Delano Orchestra au complet était de nouveau au travail pour 2025, avec Yann à la batterie.

                                                                       (photo d'archive)

La 2e partie nous proposait un tout autre univers, girly et hispanisant, plus facile d'accès,  avec les DELACOURT, entendu sur le disque "Cinésong 2" de Stardust, et bien avant cela, l'une des soeurs en solo, en première partie de Murat à Caluire il y a 10 ans (Billy).  Ca chante vraiment très bien, d'autant que les deux musiciennes complémentaires elles aussi chantent sur tous les titres.  Les filles posent les micros et chantent deux titres a capela dans les gradins. Ca fait toujours son petit effet, mais moi, ça me donne mal au cou! Enfin, soit, c'était quand même un bon moment, et il y a de la qualité pour que le spectacle soit programmé un peu partout, malgré les textes un peu en dessous.

 

LE LIEN RADIO

Pas eu le temps d'écouter, mais ce n'est pas disponible très longtemps, je vous le partage, la nouvelle émission de Cricri et Michel Butin à l'occasion de l'anniversaire de la naissance de JLM le 28/01.

https://rqqg.fr/emission/promenade-en-chansons/?fbclid=IwAR0mZx7WO60gdDMxUOGyyRDQLg0V_N2h402Kk9UVRqI2TesD75K-uBkO5W8

 

 

LE LIEN EN MOINS SUR TERRE

Même si Jean-Louis n'a pas été tendre avec les musiciens de studio que sa maison de disque lui choisissait,  Denis, lui, a rendu hommage à SLIM PEZIN décédé le 18/01. Il est crédité sur "Cheyenne Autumn" (la guitare acoustique sur l'ange déchu, le chorus étant fait par Jérôme Pietri).

Slim a été un grand ami de Mylène Farmer... et musicien régulier de Sardou... et de beaucoup d'autres (Claude François, Jojo...).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Slim_Pezin

Attention, à ne pas confondre avec l'autre Slim, croisé avec Murat (le claviériste de la tournée Grand Lièvre"): Slim Batteux, qu'on peut encore voir sur scène en Auvergne avec son groupe Sitting Rock Blues Band.

 

 

 

 

 

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Rédigé par Pierrot

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Publié le 11 Janvier 2024

Après une première édition le 23/24 juin 2023 prévue pour conclure l’aventure du disque “Aura aime Murat” en présence de Jean-Louis, la rencontre a pris à peine un mois après son décès, forcement une toute autre dimension. C’était fort, c’était beau, on a pleuré, on a ri… et on a fait vivre l'œuvre de Jean-Louis.  Cela a été une évidence:  il fallait remettre ça l’année prochaine… toujours autour de la St-Jean, pour reprendre la tradition des rencontres de premiers fans (les Dolos) et des Koloko (Concert humanitaire pour Clermauvergne) qui ont été pendant longtemps le rendez-vous annuel incontournable.  

J'ai beaucoup douté, failli annuler, mais avec le soutien réaffirmé de certains camarades, du Fotomat, l'enthousiasme de la Féline et des autres participants... en 2024, nous nous retrouverons le 21 et 22 juin! Même si nous aurons peut-être d'autres occasions de nous revoir dans l'année, le rendez-vous des fans, amateurs, muratiens, des camarades de 30/40 ans à accompagner Jean-Louis, était pris... et je pense déjà à 2025!

 

Vendredi   : Nous écouterons nos 3 têtes d’affiche sur leur répertoire mais avec l'ombre de J.L. Murat :  

  • Bertrand Louis, le chanteur parisien, récompensé plusieurs fois par l’académie Charles Cros, s’est parfois glissé dans les pas de Murat: il a mis en musique Muray, ce que Murat avait voulu faire, les fleurs du Mal… ou encore Verlaine.  Il était déjà là pour la soirée Livre unplugged à Paris en 2015 au côté d’Olivier Nuc.  
  • Alain Bonnefont, le compagnon de Murat depuis 1976, membre de Clara, des Rancheros... chantera ses chansons qui lui ont valu d’être signé un temps par le célèbre label des disques du crépuscule. 
  • L’invitée exceptionnelle :  La Féline, avec son batteur, après les scènes d’Angleterre, d’Inde, de l’Opéra de Lyon,  nous livrera un set unique pour nous dévoiler ses influences muratiennes. La Féline a signé un texte majeur sur Jean-Louis Murat (sur son blog puis Magic). Son dernier album “Tarbes” a été salué par une critique unanime. 

Et nous terminerons la soirée avec "MLLE PERSONNE" le film! La  première diffusion l'an dernier  a ravi l'assistance :  Jean-Louis Murat lors de sa première tournée et dans des scènes de "comédie" où on le retrouve plus vrai que nature! 

Samedi 19h :  Conférence d’Agnès Gayraud (La Féline). La chanteuse philosophe, auteur de “Dialectique de la Pop”, et d’articles pour Libération, la revue “Audimat”, a carte blanche. 

20h30: Le Grand Tribute, on retrouvera les chansons de Murat interprétées par La Féline, Bertrand Louis et Alain Bonnefont et 10 autres artistes et groupes. 5 participants  2023 ont souhaité revenir: Soleil Brun, Tristan Savoie, Sébastien Polloni, Eryk e, les Dory4... Et nous invitons à découvrir :

- DELAYRE (vu et entendu avec Adèle Coyo, notamment sur l'orchestration de sa reprise de "tout est dit"). Après deux groupes (Ultraviolet et Superamas), Louis Fayolle la joue solo, toujours avec des sonorités électro. Avec son studio Talk Back Music, il devient un acteur important de la scène régionale.  

- LUCILE MIKAELIAN : La deuxième génération de la famille Mikaelian (compagnons de route de Jean-Louis Murat - dès "passions privées"-) sera des nôtres, avec sa voie de velours. Elle a tourné avec son papa Pascal "Bako" avec "Bako's family", et se lance dans un nouveau projet "Lyla". On retrouvera sans doute avec elle, Toma Milteau (batteur de General Elektriks, Cherhal...)

- L'Autre Philippe : On en avait parlé ici-même quand son deuxième disque était sorti avec en section rythmique : Stéphane Reynaud et Fred Jimenez!

- Michael De Fleur: Le dijonnais a sorti un E.P. de reprises de Murat l'an dernier, il a organisé un événement off l'an dernier et nous l'invitons sur la grande scène cette année. Ce fan de Dylan est aussi le chanteur d'un cover band des Rolling Stones!

- Denys Cochard, bien connu sur les réseaux, alias le chansonnier Charcot. Ex-Les Piles de Boites, représentera la branche: "muratiens fans de Renaud"... Il y en a!

(La participation des artistes étant totalement "amicale", il est possible que des changements interviennent en fonction des sollicitations professionnelles notamment). 

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Pierre Andrieu, auteur d'un livre "les jours du jaguar" sera présent pour une séance de dédicaces... et on espère pouvoir vous proposer d'autres surprises.

 

BILLETERIE sur: www.helloasso.com/associations/banana-split/evenements/week-end-murat-yes-sir/2

Et avec vos places, vous pourrez acquérir en exclusivité le livret de la conférence de l’an dernier, dans une version développée sur 50 pages. Pascal Torrin, universitaire, avait ravi l'assistance sur le thème de l' "O".

Evenement sur facebook

Important: la jauge est limitée ( L’an dernier, vous avez été nombreux à réserver le pack deux soirs pour ne pas l’utiliser, et certains spectateurs ont été privés de la soirée du samedi! Merci de nous signaler si vous ne vous déplacez pas. 

Si vous voulez soutenir les artistes et l’événement  et l’organisation de la soirée, il y a possibilité de faire un petit don supplémentaire sur le site helloasso, mais vous pouvez nous contacter (zone contact du blog ou le site du fotomat) pour un don (défiscalisable) à l’association qui servira à un meilleur accueil des artistes et l'organisation de l'expo.  Attention : Helloasso vous propose de participer au fonctionnement du site mais ce n'est pas obligatoire. Par contre, à l’entrée de la salle, il vous sera demandé une adhésion (participation libre) à l’association du Fotomat valable un an.  

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2021 Aura aime Murat, #week-end Murat, #2023 après

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Publié le 9 Janvier 2024

Après l'information de la sortie du livre de Pierre Andrieu (article précédent), voici qu'en est annoncé un autre (après celui de C. Barré pour la fin de l'année)... lui aussi d'une connaissance (un peu oublié, même si fb m'indique une relation d'amitié depuis septembre 2010)... Antoine Couder.    Même date de sortie, même éditeur... ça ressemble à un erreur! Et bien, non! Antoine Couder me confirme ce soir sans "pouvoir" m'en dire plus me dit-il. Avec le même éditeur, on peut penser que les deux livres ont deux objectifs et regards différents.

Le livre se nommerait  Murat, foule romaine,  autour de 12 euros,  EAN13 Code: 9782487270091  128 pages.

précommande:   FNAC     Decitre 

Amazon

Il semblerait que l'éditeur communiquera sur les deux livres avec la mention "premier anniversaire du décès de Jean-Louis Murat" (ça apparaît ainsi sur Amazon) -sous réserve-.

Antoine a réalisé une playlist JL Murat commentée sur le site "toute la culture"  le 29 mai (il collabore au site depuis de nombreuses années, mais ce n'est pas lui qui a écrit les nombreux articles sur JL Murat). Il est passé par différents sites et Gonzaï, entre autres activités. Mais cette historien de formation a déjà écrit plusieurs livres dont un sur HIGELIN et un essai Fantômes de la renommée préfacé par Rodoph Burger (chronique  longueur d'ondes). Un autre livre  Rock’n’roll Animal mettait en scène également le rock alsacien.   

  Sa page fb

 

Antoine Couder vit à Paris. Il est l'auteur de plusieurs livres rock : Rock'n'roll animal - un revers de satire, l'Harmattan, Jacques Higelin, Devenir autre, Castor Astral, Fantômes de la renommée, éditions Médiapop.
Il est également auteur de plusieurs documentaires radiophoniques pour France Culture

 

ci-dessous à droite :  (avec Fred Poulet et R. Burger)

ET un 2e livre annoncé...

 

On pouvait attendre Olivier Nuc, Baptiste Vignol et ce sont les outsiders qui franchissent la ligne en premier... mais on n'est pas dans là dans une course de vitesse. 

 

Merci JLR et Fabrice

LE LIEN EN PLUS

 

Je ne crois pas avoir partagé la playlist d'Antoine Couder sur "toute la culture" ou alors rapidement dans cette fin de mois de mai sinistre. Voilà de quoi découvrir sa plume et sa sensibilité muratienne. 

https://toutelaculture.com/musique/la-playlist-made-in-jean-louis-murat/

La playlist made in Jean-Louis Murat
29 May 2023 | PAR Antoine Couder
 

Cette semaine c’est tout pour Jean-Louis, le Jean-Louis de trois grands disques, le Jean-Louis pour qui jamais notre chagrin ne pourra s’éteindre.

Le parcours de la peine — Le manteau de pluie

Au début, c’est presque la version mélancolique du Daho de “Laisse tomber les jaloux”,   du Darcel à la petite cuillère Chamfort – celui-là, l’a-t-il descendu au lance-flamme ? Je ne sais plus- qu’importe,  il y aura toujours un peu plus avec Murat, comme cette phrase anodine et malicieuse, trainarde comme ce corps que l’on imagine exulté encore un peu avant de s’offrir à sa toute belle :  oh dis-moi, quel et le bon, le mauvais, que puis-je croire ?  Les yeux implorants de cet amour à portée des mendiants à Rio.

 

Bang bang — Mustango

Toi, tu le sais (oui, tu le sais, cette énergie circule de tes yeux vers mes yeux), il suffit de prononcer ces mots,  tous vos désirs me dominent, tous vos rires, tous vos enchantements  et puis peu à peu, tout se précise. Murat ne parle que de cette intensité qui monte et modifie l’être au plus profond. Catho lyrique de l’explosion, de l’implosion, de la transformation. De la grâce.

Aimer — Dolores

Au plus simple, au plus conquérant, tomber le manteau de pluie du parcours de la peine. Baudelaire dans une euphorie du MDMA. Il faut, il faut !! La philosophie de l’amour coupable se fait plus allemande. Il faut retrouver cet amant au corps ruisselant. Vite.  Et tu arriveras à cette question dont tu as déjà la réponse :  as-tu aimé poser ton cœur à l’intérieur d’un être heureux ? 

Gorge profonde — Le manteau de pluie

À terre cette fois, les larmes chez Murat jamais ne tâcheront ses yeux clairs, elles resteront à l’intérieur, toujours coincées dans cette gorge qui contient à la fois le bonheur et le lucre. Le texte alors se fait bref, il s’adresse à l’invisible, à l’aveugle … Quel est ton nom ? Ce sera celle dont la présence se fait plus insistante, ce sera la messagère, toi … ma gorge profonde. tu es la pluie, tu es le beau temps, tu dis et redis qu’il n’y aura jamais de fin à cette ronde qui s’éveille dans l’amour.

Réversibilité — Dolores

Et puis on finit par se connaître, se reconnaître, toujours ces mêmes intros presque militaires, ces vice versa  qui aimantent les émanations de ces corps enchantés vers le retournement,  l’équation de la réversibilité.  Un temps c’est la folie de l’amour, du don de soi et l’instant d’après, ce sera l’obscurité vertigineuse, la hantise du néant. Ange plein de gaité, connaissez-vous l’angoisse,  la honte, les remords, les sanglots, les ennuis  … Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine ?  Cette fois, c’est vraiment du Baudelaire, mais celui-ci a rencontré Kafka dans cette sorte de brutale lucidité qui surgit lorsque la fin arrive. Le coeur qui s’arrête, l’étouffement. 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après, #bibliographie

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Publié le 8 Janvier 2024

Bon, ça commençait à être un secret de polichinelle... et comme souvent, c'est les sites de vente qui m'obligent à vendre la mèche. Ce jour, ils  annoncent la sortie du livre (le 18/04/2024) en proposant de pré-commander :

Cultura.com          Fnac

Gibert     Décitre  Amazon

Et oui, c'est donc Pierre Andrieu et la maison d'édition le Boulon, la "maison d'édition radicalement rock",  qui ont réagi le plus vite pour sortir un livre sur Jean-Louis Murat, avec un titre bien sympathique les jours du jaguar (252 pages). 

Pierre Andrieu est un vieux camarade que j'ai dû connaître avant le blog depuis que je laissais quelques comptes-rendus de concert sur le site concertandco dont il s'occupe. On aura ensuite partagé quelques bières à la coopé, ou avec les Cure à Lyon. Il est désormais rattaché à un souvenir tout particulier : en rentrant de l’enterrement, il m'a appelé, bouleversé,  pour me dire que Jean-Louis avait bel et bien prévu de venir jouer au Week-end Murat, ce que je n'osais pas espérer. Le téléphone pleure.  Tout ceci pour dire qu'on ne pourra pas taxer d'opportuniste  l'entreprise de Pierre, auvergnat résidant sur le plateau (Parc naturel des volcans), qui  avait notamment interviewé plusieurs fois Jean-Louis. Il s'agit de son premier livre.

Bonne surprise : le livre est annoncé à un prix très raisonnable pour un livre avec illustrations,  et voir le nom de Murat aux côtés des livres sur Lee Haszlewood, Talk Talk, Buddy Holly, D. Darc, Curtis Mayfield...  ça lui aurait plu.   

Et on en profite pour vous annoncer  que Pierre ANDRIEU sera présent pour un stand dédicace lors du Week-end Murat, le samedi 22 juin au Fotomat (on vous donne les infos d'ici fin janvier)!   

En attendant, voici la page  qui est consacrée à Pierre dans "Une histoire du rock à Clermont-Ferrand" de Patrick Foulhoux qui recueille le témoignage d'une soixantaine d'acteurs de 50 ans de rock (dont Pie, Bonnefont, Stéphane Mikaelian, Marie Audigier, Morgane Imbeaud...) :

Un livre à paraitre en avril!

Voici la bio qui va accompagner le livre:

Né dans le puy-de-Dôme en 1971 et basé sur les hauteurs de Clermont-Ferrand, Pierre Andrieu est journaliste musical pour le site www.concertandco.com depuis presque 25 ans, tout en faisant des piges régulières pour les magazines Rock & Folk, New Noise et Plugged. A ce titre, il a publié de très nombreuses chroniques de concerts et de disques d'artistes français et internationaux, mais aussi réalisé pas mal (six, pour être précis) d'interviews de Jean-Louis Murat, mais aussi de The National, Brian Jonestown Massacre, Bertrand Belin, Tindersticks, Elysian Fields, Daniel Darc, Liminanas, Thurston Moore, King Gizzard, Steve Albini, Black Angels, Grandaddy etc. Il a par ailleurs interviewé et reçu en shows cases toute la scène clermontoise (The Delano Orchestra, Mustang, Cocoon... ) lors de son long passage à Radio Campus Clermont, radio associative qu'il a quittée car on lui reprochait de passer trop de titres de Jean-Louis Murat dans la playlist (oui, c'est vrai)

 

LE JOUEUR EN MOINS

Quand le Maréchal se comparait au Kaiser:

« Moi, la seule question de base, c’est le complexe de l’échec, c’est à dire que si on est archi-dominé, je passe en défense centrale, si on domine je passe devant. On peut faire l’analogie avec la musique. Les batteurs font les bons gardiens de but. Les solistes aiment bien jouer devant. Les bassistes n’aiment pas trop le foot ». (…) « Quand je joue, de toute façon, c’est moi qui dirige les manoeuvres, j’ai une vision d’ensemble, je suis d’emblée PLATINI, un peu BECKENBAUER, un peu PELE ».

 

LE LIVRE EN PLUS

Pour rappel, il y a quelques jours on vous annonçait un autre livre mais qui sortira à la fin de l'année:

http://www.surjeanlouismurat.com/2023/12/deux-emissions-radio-cedric-barre-antonin-soleil-brun-week-end-murat-2024

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après, #bibliographie

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Publié le 5 Janvier 2024

bonjour,

Bonne année à tous! (je fais sobre, façon dry january).

Voilà un article que je n'ai pas vraiment envie de faire... J'ai un peu renoncé ces derniers temps à l'exhaustivité (je n'ai pas traité de toutes les publications de mai et juin, on verra si je rattrape ça un jour...) mais bon, le blog est là pour traiter de ce qui se passe médiatiquement et en ce mois de décembre, le nom de Jean-Louis Murat était dans les rétro-viseurs, rétro-spectives,   faute de figurer dans les classements dressées des meilleurs disques (à une ou deux exceptions : le best of  figure dans les choix - très larges- de Suns burn out    et dans Paris Match)

Bon, donc, après les hommages télévisuels du précédent article, voici ce qui est sorti du chapeau médiatique... et autant vous dire tout de suite qu'il n'y a rien de très phénoménal excepté du propos de Eric Reinhardt dans les Inrocks du 26 décembre 2023 qui en quelques mots nous raconte leur rencontre, un peu de leur histoire et l'univers de Jean-Louis.

Jean-Louis Murat

Quelle tristesse que d’apprendre, foudroyé, le 25 mai 2023, dans le train qui me ramenait de Cannes, le décès de mon ami Jean-Louis Murat. Dans mon roman Cendrillon, je l’évoquais en ces termes : “plus sublime que jamais, céruléen et broussailleux”. Je ne le connaissais pas à l’époque. J’avais écrit ce livre en puisant mes forces dans l’écoute addictive de Taormina, je l’ai dit dans une interview donnée à Nelly Kaprièlian parue dans Les Inrocks ; alors Jean-Louis a demandé à sa manageuse de l’époque de me contacter pour m’inviter à son concert à La Boule Noire. C’était à l’automne 2007. À l’issue du concert, Jean-Louis a abandonné les personnes avec qui il parlait et m’a accueilli d’un “Ah, mon frère d’armes !” avant de me serrer dans ses bras. Depuis, aucun concert parisien où je ne sois allé, aucun livre que j’ai écrit qui ne soit associé à un ou deux de ses albums écoutés en boucle. On se retrouvait dans les coulisses de ses concerts. Fidélité. Savoir qu’il existait, qu’il était là. Que je pouvais aller le voir, lui rendre visite en Auvergne.

Depuis son chef-d’œuvre Mustango, son art, sa voix, son génie littéraire et musical, ses longues ballades intemporelles (“Allez soigner à l’arsenic vos souffles affaiblis”), son lexique auvergnat, son immense érudition historique, sa stature romanesque, son anticonformisme de frondeur incandescent scandaient ma vie et l’enchantaient avec la même inexorable régularité que le passage des saisons (“Il faut vraiment être un citadin et un con de Parisien pour préférer l’automne et l’hiver au printemps !”, m’avait-il dit d’ailleurs un jour en blaguant !). Je sais qu’il en allait de même pour de nombreuses personnes que sa mélancolie venait consoler, secourir. Jean-Louis, nuage aux cieux, toi qui à présent vois le monde d’en haut, ayant quitté lunettes et chapeau, je pense à toi, je t’aime et tu me manques.

Dans le même numéro, Vergeade dans un article Bilan 2023  :

Mais au mois de mai, on est passé de l’amour aux larmes en apprenant la mort soudaine de Jean-Louis Murat, un jeudi sombre où la nouvelle de la disparition du génie auvergnat nous a bouleversé·es au-delà de tout, six mois seulement après l’avoir revu une dernière fois dans les loges d’un concert à Montreuil et à la veille de la parution du tout premier best of de sa carrière qu’il s’était longtemps refusé à envisager, lui qui abhorrait regarder dans le rétroviseur de sa discographie.

 

 Dans ce même inrocks N°26  "best of 2023", les musiciens disparus:

Jean-Louis Murat

Auteur, compositeur et interprète, l’Auvergnat Jean-Louis Murat laisse depuis sa mort d’une violente embolie pulmonaire, le 25 mai dernier à l’âge de 71 ans, une formidable carrière riche d’une vingtaine d’albums studio, entre country et rock.  Jean-Louis Murat, chanteur rimbaldien et génie total

Choix musical d'illustration sur le site: la session live de Buck... allez, je vous la mets:

 

 

Pour le reste, c'est intéressant de voir ce qui peut être cité et retenu (dans des articles consacrés à toutes les personnalités, ou uniquement aux musiciens, ou encore bilan de l'année):

Libé  (28/12) tente quelque chose pour éviter de faire bêtement une liste...

A l’entrée du parc d’attractions, je ne me suis pas méfié, j’aimais bien l’ambiance. Astrud Gilberto (5 juin) fredonnait dans les enceintes The Girl From Ipanema, souvenir enfoui de fêtes perdues au bord de la plage à Rio. Puis Harry Belafonte (25 avril) chantait Banana Boat, Tina Turner (24 mai) enchaînait avec We Don’t Need Another Hero et, dans une autre ambiance, Shane MacGowan (29 novembre) et les Pogues se la jouaient rock, sans parler du metal de la guitare de Jeff Beck (10 janvier). C’est sûr que quand j’ai entendu Pascal Periz (10 décembre) et les Pow Wow entamer Le lion est mort ce soir, puis Jean-Louis Murat (25 mai) chanter l’Au-delà, j’aurais pu commencer à me poser quelques questions, mais, que voulez-vous, j’étais bien naïf. L’envie de jouer dépassait les signaux mortifères, comme cette citation de la Route de Cormac McCarthy (13 juin) inscrite sur un mur : «Comment saurait-on qu’on est le dernier homme sur Terre ?»

Certains journaux ne sont pas capables de faire le recensement eux-même et utilise l'AFP. La formulation laconique n'est pas mauvaise:    Dans la Dépêche,  20 minutes :

25: Jean-Louis MURAT, 71 ans, chanteur, inclassable rebelle du paysage musical

20 minutes (repris sur yahoo)  dans un article consacré aux musiciens cette fois en dit plus :  C’est à 71 ans et au terme d’une carrière constellée d’une vingtaine d’albums studio où il avait su mêler poésie et mélancolie que Jean-Louis Murat s’est éteint chez lui, en Auvergne.

Le huffington post:

Jean-Louis Murat
L’artiste auvergnat était connu pour ses textes poétiques et son franc-parler. Au cours de ses 40 ans de carrière, il avait notamment collaboré avec Mylène Farmer sur le titre « Regrets ».

Dans le point,

  • Jean-Louis Murat (25 mai, 71 ans)

« Sentiment nouveau », « Fort Alamo », « Si je devais manquer de toi » : son groove et sa voix lancinante si particulière tout comme son indépendance teintée de provocation ont fait de lui un artiste à part dans le monde musical français. Jean-Louis Murat a connu les sommets des hit-parades en 1991 à la faveur d'un duo avec Mylène Farmer (« Regrets ») mais assure avoir toujours vécu le « tube » comme « un enfermement ».

Vosges Matin dans un diaporama  et un partenariat avec libra memoria propose aux lecteurs de laisser des hommages sur ce site même si eux préfèrent causer des boules puantes (même si ça ne lui aurait pas déplu qu'on retienne les Gilets jaunes, lui qui s'était plaint du peu de retentissement de ses chansons à ce sujet). 

La Voix du Nord:

25 mai. L’un des plus prolifiques musiciens et artisans de la chanson française, Jean-Louis Murat, est mort à 71 ans. Le chanteur a débuté dans les années 80, et c’est l’album Cheyenne Autumn, sur lequel se trouve Si je devais manquer de toi et Te garder près de moi, qui lui donne un début de notoriété.

 

Côté Québec, la Presse  (dans un article sur les grands disparus "à l'international et au Canada anglais")

Jean-Louis Murat (25 mai, 71 ans)

Auteur-compositeur-interprète français. Au cours de sa carrière d’une quarantaine d’années, il a enregistré 21 albums. Il a connu le succès avec les albums Cheyenne Autumn, Dolorès et Mustango. Son rock doux était mâtiné de folk, de country et de blues.

Et le journal du Québec se rappelle, lui, que Murat a écrit pour divers chanteurs...  avec une photo d'archive (sic).

En Suisse, l'Illustré :

Jean-Louis Murat, décédé le 25 mai

Chanteur 
Natif du Puy-de-Dôme, il vivait à l’écart du monde. Un artiste farouchement indépendant, dont les colères n’ont pas toujours été comprises. Un romantique aussi, que William Sheller avait révélé. Sa voix était entêtante, ses textes ciselés. Le succès de son duo avec Mylène Farmer («Regrets») l’avait un peu dépassé. Sincère, mais désenchanté.

Sur la RTS, on indique : - 25: Jean-Louis Murat, 71 ans, chanteur français. L'interprète de "Regrets" et "Si je devais manquer de toi" laisse derrière lui une trentaine d'albums, un patrimoine de spleen versifié.

Il est juste cité sur la RTBF, qui en dit plus sur Lou Deprikj, le producteur et chanteur de "ça plane pour moi", au détriment du chanteur "ça spleene pour moi" . Le soir écrit "Jean-Louis Murat, 71 ans, chanteur français connu pour les tubes « Sentiment Nouveau », « Fort Alamo » « Si je devais manquer de toi ».  On trouvera encore des nombreuses petites mentions sans commentaire : Gala ("Le poète de la chanson française"),   Public  ou Ouest France (qui parle plus de Birkin), La Montagne, Le Figaro, ou sur quelques sites en anglais. Télérama dans son article renvoit eux vers l'article paru en mai.

Les camarades de Pop News  : N’empêche, la disparition brutale de Jean-Louis Murat en mai fut un grand choc, qui nous aura fait nous replonger dans son œuvre profonde et profuse (dont des dizaines d’inédits qui mériteraient de connaître la lumière du jour).

Enfin, Jack (Canal+) :

Jean-Louis Murat - 71 ans

Poète, musicien, provocateur : Jean-Louis Murat était un peu de tout ça, et forcément beaucoup plus. Il avait une personnalité complexe à l’image de sa discographie, difficile à cataloguer et compliquée à disséquer. Un fan de blues, un chanteur exigeant et un homme qui a toujours préféré ses terres aux strass et paillettes de l’industrie. 

On termine par l'INA

Jean-Louis Murat

Auteur-compositeur et poète auvergnat, Jean-Louis Murat est mort le 25 mai à 71 ans. En 2007, l'artiste, sophistiqué et mélancolique, interprétait Au dedans de moi en direct sur le plateau du 13h00 de France 2. Ce titre, simple et poétique, apparaissait sur le douxième album du chanteur, sorti en 2006

Je ne peux pas partager la vidéo INA de très bonne qualité (voir le lien ci-dessus): voici la version "magnétoscope":

 

LE PREMIER LIEN EN PLUS 2024 AH QUEL HONNEUR

J'ai un traîné pour vous parler de ce nouvel acteur "muratien":  Une chaîne vidéo qui ne se présente pas comme exclusivement consacré à Murat mais c'est le cas pour l'instant.  Des jolis montages bien documentés avec des extraits d'interviews.

La dernière livraison parle d'Elisée Reclus. C'est un bon complément à l'article du blog: http://www.surjeanlouismurat.com/elisee-reclus-jeanlouismurat-eau-source-riviere-theme

 

LE DEUXIEME LIEN EN PLUS DE 2024 C'EST MIEUX QUE RIEN

MAGIC, après le succès éditorial, du numéro spécial Murat, a peut-être choisi de refaire un peu de "retap" des fans Muratiens, avec quelques photos inédites de Jean-Louis Murat, période BABEL dans leur nouveau numéro mais vu l'histoire ancienne avec JLM, on ne leur en veut pas.  Pour les complétistes...

On peut encore se le procurer :

https://shop.magicrpm.com/en/accueil/420-magic-hors-serie-2021-les-100-meilleurs-albums-de-l-annee.html

Comme le numéro spécial  (On peut en découvrir le contenu intégral  ici)

 

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Rédigé par Pierrot

Publié dans #2023 après

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